mercredi 2 avril 2014

Thomas Vinau

Ce noir qui remonte

Les trous d'obus les fosses
les tranchées et les tombes
sont les lieux de naissance privilégiés
du coquelicot
de même que les blessures les non-dits
les plaies et les silences
sont les nurseries habituelles
du poème ...

On connaissait en Thomas Vinau un romancier original, voici qu'il nous donne un livre de poèmes : Juste après la pluie. Aux soins d'Alma, son fidèle éditeur.

"Des pièces bancales, des mots de peu", s'excuse-t-il. Une poésie "militante du minuscule, insignifiante", écrite au quotidien.

Il ne faudrait pas tant s'excuser. Aphoristiques ou plus développées, le choix des quelque 250 pièces qu'on lit ici fait en sorte que s'équilibrent les plus légères et les mieux pensées. Et puis c'est d'un ton bien personnel, qu'il s'agit, qui fuit la désinvolture, affirmant un sentiment du monde rassurant et troublé à la fois. On y pointe à l'occasion une philosophie qui, toute portative qu'elle soit, leste le livre durablement :
... voilà le véritable mouvement
de la lumière
ce noir qui remonte
de tout au fond du monde
et fait pousser les fleurs.
Jean-Marie Perret.

Thomas Vinau, Juste après la pluie, Alma Editeur, Paris, 2013.

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