dimanche 3 juillet 2011

Isabelle Garron


moi en sueur .identique à cette heure dont je
parle je pus n'avancer
qu'un corps

un corps après l'autre
a fool] qui de temps
en temps renâclait

en plein air - et à zone
trop découverte
aussi

Isabelle Garron ne fait rien pour ne pas nous surprendre... Disons que la surprise n'est pas son propos, mais disons qu'en même temps elle fait partie du jeu. Toute céramique réussie est surprise. Tout tableau qui s'impose à nos yeux est surprise. Ici, la surprise est à la hauteur de ces minuscules énigmes qui construisent un texte clair en somme : effet de la personne ayant à traverser une troupe nombreuse de ses semblables.

un petit fagot de bois jeune
posé devant la porte
des lieux saints

pour déneiger les semelles
de vos chaussures
crottées

je me souviens de ce geste
régulier de pauvres
gens
Ici moins d'énigme sans doute - mais il s'agit d'un souvenir qu'il faut bâtir, c'est un fil à tirer. Ainsi de pièce en pièce s'assemble le riche "Corps fut", d'Isabelle Garron, paru chez Flammarion en février 2011. D'énigmes en clartés, d'effets de corps à effets de foule, comme de l'ancien enfant qui vibre encore dans nos tréfonds...

D'autres extraits sur la page de Droit de Cités. Sur le même livre voir l'article important de Gérard Noiret dans La Quinzaine littéraire 1039 – du 1er au 15 juin 2011. Voir aussi, sur l'auteure, Poezibao et Terre de Femmes.
Jean-Marie Perret.

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